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Art Basel Paris 2025 – Entre vitrine du marché et promesse d’émergence

  • Photo du rédacteur: Loïse Pannier
    Loïse Pannier
  • 29 oct. 2025
  • 4 min de lecture
Art basel dans la nef du grand palais

Chaque année, Art Basel Paris attire son lot d’admirateurs, de curieux et de professionnels venus mesurer le pouls du marché de l’art. Mais il faut garder à l’esprit que ce qu’on y voit n’est qu’une vitrine : une version idéalisée, concentrée sur une petite élite d’artistes et de galeries déjà bien établis. Les prix atteignent des sommets, les mêmes noms reviennent de stand en stand, et pourtant, l’intérêt d’Art Basel réside peut-être justement dans ce décalage entre l’apparence et la réalité du marché.


Cette édition 2025 en a offert une parfaite illustration. Si certaines galeries ont joué la carte de la sécurité, misant sur le second marché et des artistes de haut rang, de Modigliani à Richter, en passant par Picasso et même Rubens, d’autres ont cherché à surprendre, notamment dans la section “Emergent”. On y retrouvait un souffle plus audacieux, des propositions visuelles plus risquées, et une vraie envie de déstabiliser le visiteur. Dans un contexte où le marché se montre prudent, cette balance entre valeurs sûres et prise de risque donne tout son relief à la foire.



Un marché qui se protège, mais qui vend


La multiplication des œuvres du second marché traduit une certaine frilosité : le climat économique incite les galeries à se replier sur des classiques, qui rassurent les collectionneurs. On observe même un effet musée, avec des stands presque institutionnels où se côtoient les grandes signatures de l’histoire moderne. La sélection s'aligne sur l’actualité culturelle française : la présence marquée de Richter, par exemple, résonne avec les expositions qui lui sont actuellement consacrées dans plusieurs musées.

Et malgré cette prudence, le bilan est très positif. Les galeries ont bien vendu dès les premiers jours, et les visiteurs réguliers saluent une meilleure organisation et un véritable regain d’énergie depuis le passage de la FIAC à Art Basel. 


L’événement a gagné en clarté, en cohérence et en visibilité internationale.



Un vent de fraîcheur du côté de l’émergence


Beaucoup de propositions s’y distinguaient par leur audace visuelle et leur diversité de médiums, avec une forte présence d’installations cette année. Les artistes présentés ne sont pas toujours de jeunes inconnus, certains étant déjà bien ancrés dans le circuit institutionnel.

Sur le balcon du Grand Palais, le journaliste Loïc Prigent a signé une curation sur le thème du dialogue entre mode et art, et la promesse a été tenue. Chaque galerie a proposé sa propre lecture, parfois ludique, parfois poétique. On peut noter que ce croisement entre art et mode peut être expliqué par l'intérêt grandissant des maisons de luxe pour l’art contemporain. Je retiens particulièrement Objects of the Wind de Mira Mann, présentée par la galerie Drei. Une installation qui accroche immédiatement le regard, et surtout, attire notre curiosité.




Et en face : Paris International


En sortant du Grand Palais, il suffisait de traverser la rue pour découvrir Paris International, la foire “off” installée dans un bâtiment en travaux. L’atmosphère y était tout autre : brute, ouverte, faussement improvisée. Cette scénographie non policée fonctionnait à merveille, donnant un ton underground à la visite.

Les galeries émergentes y présentaient des œuvres plus engagées, plus tactiles, avec, cette année, une vraie tendance aux matières textiles mais surtout aux œuvres peintes sur du feutre. Un contraste rafraîchissant par rapport à Art Basel : ici, les œuvres respirent davantage pour mieux capter l’attention des collectionneurs.


vue de paris international


Mes coups de cœur


Dans Art Basel : 


  • Galerie Almine Rech : toujours irréprochable, avec notamment trois œuvres magnifiques de Claire Tabouret qui explore les notions d’identité et de mémoire à travers des portraits empreints de mystère. Ses œuvres, aux couleurs sombres, mêlent théâtralité et humanité figée dans une tension poétique.


oeuvres de claire tabouret

  • Foksal Gallery Foundation : une présentation subtile mêlant sculptures et peintures figuratives, parfaitement équilibrée. 




Dans Art international :


  • Les personnages d’Anastasia Bay sur le stand de la galerie Derouillon et Anousha Payne sur le stand de la galerie Sperling

    Anastasia Bay peint des scènes inspirées du théâtre et du carnavalesque, où des personnages ambigus renversent les rôles sociaux dans un tourbillon de gestes et d’émotions. Par un trait simple et expressif, elle capture l’essence du mouvement et la tension entre ironie et humanité.

    Anousha Payne explore la spiritualité et les mythes personnels. Ses œuvres questionnent les frontières entre humain, animal et objet, tout en inventant un langage visuel empreint de magie et de symbolisme culturel.



  • Ines Katamso, avec le galerie Vacancy dont les pièces dégagent une intensité poétique rare. Elle explore la vie et l’identité en mêlant sciences, spiritualité et techniques artisanales ancestrales dans des œuvres organiques. Son travail invite à la contemplation et à repenser les interactions entre le corps, la nature et les croyances culturelles.


oeuvre de ines katamso




En conclusion


Cette édition d’Art Basel Paris laisse une forte impression : brillante, mais peut-être encore très ancrée dans une logique de prestige et de confort. Entre la section émergente, les thématiques plus ancrées dans la tendance comme la mode, l’événement majeur de la semaine de l’art de Paris reste un immanquable !


Mais prendre le temps de passer par les salons et expositions satellites comme Paris international mais aussi Asia Now, AKAA, ou Modern Art Fair, permet d’élargir un peu plus notre vision. Et c’est sans doute là, dans ces zones un peu moins visibles, que se joue le véritable renouvellement du regard et du marché.



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